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Autocéphalie de l’Église géorgienne

Autocéphalie de l’Église géorgienne
Le discours d’Ana Cheisvhili sur l’autocéphalie de l’Église orthodoxe géorgienne en 1917. Eglise Sainte Nino, Paris, 2017

ქართული ეკლესიის დამოუკიდებლობა
ანა ჭეიშვილის სიტყვა 1917 წელს ქართული ეკლესიის მიერ მოპოვებულ დამოუკიდებლობაზე. წმინდა ნინოს სახელობის ქართული ეკლესია, პარიზი, 2017

Assemblée Générale de l’Association Cultuelle Paroisse Orthodoxe Géorgienne Ste Nino de Paris

eglse ste nino de paris

Rapport morale du président de l’Association : le T.R.P. Artchil Davrichachvili, recteur de la Ste Nino de Paris

Lorsque j’ai été ordonné prêtre pour cette Paroisse, au siècle «  dernier «, la situation de notre communauté était bien différente de celle d’aujourd’hui. La Géorgie venait de redevenir indépendante et nous étions encore auréolés de notre « gloire » d’une communauté libre et relativement unie défendant seule à l’étranger les idéaux d’indépendance et de liberté.

Notre Paroisse, son cœur spirituel, était, alors, la seule paroisse géorgienne en dehors des frontières de la Géorgie. En 1929, nos fondateurs, sous l’impulsion d’Ilamaz Dadéchkéliani, un juriste et canoniste, avaient après de longues discussions et après avoir consulté les Patriarcats de Géorgie et de Constantinople aboutit à une définition claire de ce que devait être une paroisse en dehors des limites territoriales de son Eglise-Mère.

Sans sentimentalisme, ni animosité d’aucune sorte, ne faisant référence qu’aux 20 siècles d’histoire de L’Eglise et aux canons ecclésiastiques définis par celle-ci, nous nous sommes placés sur le terrain de la définition traditionnelle et canonique de l’Eglise : « une ville, un évêque «, c’est-à-dire le principe de territorialité.

D’autres ont choisis de suivre une autre voie en se référant à l’origine de ses fidèles et flattant leurs sentiments d’attachements à leur origines nationales, ont abouti en mélangeant Eglise et nationalisme à des situations à la limite de la non-canonicité et suspect d’être condamné par l’Eglise (entre autre au concile de Constantinople de 1872) et qu’appelle le phylétisme.

Cette question est celle qui est, aujourd’hui, la plus préoccupante et qui aboutit à une sourde rivalité entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople.

Notre Paroisse a dès l’origine choisit une situation canonique claire et sans animosité.

Le Patriarcat de Géorgie, aujourd’hui sous une influence, historiquement bien compréhensible, de Moscou, a choisi la solution nationaliste.

Notre attachement filiale à l’Eglise de Géorgie ne doit pas nous égarer, au contraire, en conservant fermement et en toute conscience notre position nous pouvons peut être apporter quelque chose à notre pays d’origine.

C’est donc dans cette situation que j’ai affronté 22 ans de sacerdoce. J’ai presque enterrés tous ceux qui avaient répété le chant « axios » (il est digne) le jour de mon ordination.

Nous avons été rejoints par les nombreux étudiants et exilés économiques qui forment aujourd’hui ce qu’on désigne par l’expression « la diaspora géorgienne ».

Nous avons été ,bien sûr, durement frappé au cœur par l’ouverture d’une paroisse du patriarcat de Géorgie à Villeneuve St Georges, en contradiction complète avec les principes canoniques traditionnelles que nous défendons et malgré une certaine affection qui me lie (de loin) au Père Anton, je ne peux oublier cette image d’un prêtre géorgien venant expliquer ici aux jeunes étudiants que nous n’étions pas une église vraiment géorgienne, semant le trouble dans leur esprit et tel, le renard dans le poulailler les entrainant à sa suite.

A titre personnel, j’ai vécu cela comme un second divorce.

Et j’ai attendu avec fatalité que notre paroisse décline et finisse par disparaitre.

Ce qu’apparemment Dieu ne veux pas, puisque nous avons survécu et que nous continuons à célébrer les vigiles le samedi avec une dizaine de fidèles et la liturgie le dimanche avec une cinquantaine de personnes. Il y a un noyau de fidèles « obstinés » et beaucoup de visages nouveaux.

Nous avons ouvert depuis 2 ans avec l’aide de M.Vakhtang Davrichachvili un site internet (www.saintenino.org) et une page Facebook  (facebook.com/saintenino).

Les baptêmes et même les mariages ont légèrement augmentés et j’ai eu la surprise d’être contacté par un couple de jeunes géorgiens de Tbilissi qui ont désirés se marier dans notre paroisse.

Donc, en conclusion, je suis obligé d’être optimiste et après ce court et certainement incomplet examen de nos activités ces dernières années, je dois avouer qu’il me reste la certitude que Dieu nous aime et nous soutiens.

Dimanche du Pharisien et du Publicain

pharisien et publicain

En cette première semaine de préparation au Grand Carême  qui nous mène à  la fête de Pâques  centre et fondement de notre foi, je suis heureux de m’adresser à vous pour la première fois.

Rien, bien sûr, ne pourra remplacer la Divine Liturgie, ni la communion au Saint Corps et au Précieux  de Notre Seigneur Jésus Christ, mais pour rassembler nos fidèles et pour mieux faire connaître notre petite mais historiquement importante paroisse ce site peut faire beaucoup.

Permettez moi de soumettre à votre réflexion et à votre méditation ce sermon du regretté Père Cyrille Argenti prêtre à Marseille dans la seconde partie du XXème siècle.

Bon chemin vers Pâques !

A bientôt !

P.Artchil

Sermon pour le dimanche du Pharisien et du Publicain
Commentaire de l’évangile de la liturgie (Luc XVIII, 10-14)
Père Cyrille. Marseille, le 16 février 1992.

Aujourd’hui commence le Triode. On appelle Triode, le livre qui contient le texte de tous les offices que nous célébrons pendant les 9 semaines qui précèdent Pâques, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au Samedi Saint, du même coup, par extension, on donne ce nom à toute la période pendant laquelle on se sert de ce livre.
C’est donc la période de préparation à Pâques et les trois semaines à venir, de préparation au carême. Donc, tout naturellement cette période commence par la lecture que vous avez pu entendre tout à l’heure de la parabole du Pharisien et du Publicain.
Deux hommes étaient entrés au même moment au Temple de Jérusalem pour prier. Le Pharisien était un homme vertueux. Il disait, et c’était sans doute vrai, qu’il jeûnait deux fois par semaine, qu’il donnait un dixième de tous ses revenus au temple et aux pauvres. Il n’y en a peut-être pas beaucoup d’entre nous qui en faisons autant!
Alors, il entre dans le temple, tout fier de sa vertu, il remercie Dieu d’être meilleur que les autres hommes qui n’arrivaient pas comme lui à observer toute la Loi et en particulier d’être meilleur que ce Publicain, ce misérable qui était à ses côté: ” Je Te remercie que je ne sois pas adultère et rapace comme la plupart des gens”.
Toutes ces vertus qu’il s’attribuait, étaient sans doutes authentiques, mais il lui manquait la principale qu’avait le Publicain. Le Pharisien gâchait toutes ses vertus par son orgueil. Il s’en attribuait le mérite, il en était fier, il se croyait meilleur que les autres. Il était content de lui-même, il était satisfait, il pensait, comme disent certains aujourd’hui, avoir gagné et mérité le Ciel. Au fond il n’avait plus besoin d’un Sauveur,
il n’avait plus besoin du Christ, à la limite il n’avait plus besoin de Dieu.
A côté de lui, ou plutôt en arrière, n’osant même pas lever la tête vers le ciel, se tenait le Publicain, un collecteur d’impôts méprisé, un peu voleur sur les bords, un peu truand, il avait fait un tas de bêtises dans sa vie, il en était terriblement conscient. Il n’ose pas lever la tête vers le ciel et il supplie simplement: “Seigneur, aie pitié de moi, pêcheur”.
Jésus, après avoir raconté cette parabole, nous dit: “C’est lui, le publicain et non l’autre qui est sorti juste aux yeux de Dieu.
Aujourd’hui encore, dans nos paroisses, dans nos communautés, on peut apercevoir ces deux types de fidèles. D’une part, il y a ceux qui ayant reçu de leur parents une bonne et saine éducation, de bons principes ont réussi à mener une vie bien organisée, une vie pure et vertueuses une vie réussie: bonne épouse, bon père de famille, honnêtes dans leur travail… Puis, il y a ceux qui ont eu une vie plus tumultueuse qui se sont un peu noyés dans les difficultés de la vie, élevés Dieu sait dans quelles conditions, poussés à droite et à gauche, finalement livrés à leur solitude, à leur faiblesse et peut-être à la drogue, au vice… Ils en sont conscients, ils le regrettent, ils aimeraient pouvoir entrer malgré tout dans le Royaume de Dieu et ils demandent humblement pardon à Dieu.
Ces deux types d’hommes devraient se compléter. Si le premier n’était pas orgueilleux et si le deuxième se repentait sincèrement, alors ils pourraient s’aider l’un l’autre. Le deuxième imitant la vertu du premier et celui-ci imitant I’ humilité du second.
L’humilité par laquelle on est conscient qu’on a besoin d’un Sauveur et que de nous même et par nous même seuls nous ne méritons rien. Après tout, il est naturel, normal de faire le bien, c’est le vice, le péché qui est contre nature et comme dit le Seigneur Jésus, “on ne félicite pas un serviteur qui fait son travail mais on le lui reproche si il ne le fait pas”. Il est normal que les serviteurs de Dieu soient vertueux. C’est le contraire qui est monstrueux. Alors, il n’y a jamais de quoi se vanter.
Dés l’instant où on est satisfait de soi, dés l’instant où on commence à se vanter et à se sentir meilleur que les autres, toutes nos vertus sont anéanties car celui qui s’élève sera abaissé. Inversement, celui qui est enfoncé dans la boue, dans le péché mais qui a l’ardent désir, la sincère volonté de s’en sortir et qui supplie le Seigneur de le sauver, de le changer, de le tirer d’affaire, qui a confiance dans la puissance de Dieu, qui sait que le Christ Libérateur peut. Lui seul, changer le cœur d’un homme repentant, celui-là accède au Royaume. Alors mes amis, essayons d’avoir la vertu du Pharisien et l’humilité du Publicain.
Nous pourrons alors entrer dans le carême et arriver jusqu’à la grande joie de la Rencontre avec le Christ Ressuscité.
Pour finir je vous rappelle que cette semaine, en honneur au Publicain, il n’y a pas vendredi comme la semaine de Pâques.

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