Assemblée Générale de l’Association Cultuelle Paroisse Orthodoxe Géorgienne Ste Nino de Paris

eglse ste nino de paris

Rapport morale du président de l’Association : le T.R.P. Artchil Davrichachvili, recteur de la Ste Nino de Paris

Lorsque j’ai été ordonné prêtre pour cette Paroisse, au siècle «  dernier «, la situation de notre communauté était bien différente de celle d’aujourd’hui. La Géorgie venait de redevenir indépendante et nous étions encore auréolés de notre « gloire » d’une communauté libre et relativement unie défendant seule à l’étranger les idéaux d’indépendance et de liberté.

Notre Paroisse, son cœur spirituel, était, alors, la seule paroisse géorgienne en dehors des frontières de la Géorgie. En 1929, nos fondateurs, sous l’impulsion d’Ilamaz Dadéchkéliani, un juriste et canoniste, avaient après de longues discussions et après avoir consulté les Patriarcats de Géorgie et de Constantinople aboutit à une définition claire de ce que devait être une paroisse en dehors des limites territoriales de son Eglise-Mère.

Sans sentimentalisme, ni animosité d’aucune sorte, ne faisant référence qu’aux 20 siècles d’histoire de L’Eglise et aux canons ecclésiastiques définis par celle-ci, nous nous sommes placés sur le terrain de la définition traditionnelle et canonique de l’Eglise : « une ville, un évêque «, c’est-à-dire le principe de territorialité.

D’autres ont choisis de suivre une autre voie en se référant à l’origine de ses fidèles et flattant leurs sentiments d’attachements à leur origines nationales, ont abouti en mélangeant Eglise et nationalisme à des situations à la limite de la non-canonicité et suspect d’être condamné par l’Eglise (entre autre au concile de Constantinople de 1872) et qu’appelle le phylétisme.

Cette question est celle qui est, aujourd’hui, la plus préoccupante et qui aboutit à une sourde rivalité entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople.

Notre Paroisse a dès l’origine choisit une situation canonique claire et sans animosité.

Le Patriarcat de Géorgie, aujourd’hui sous une influence, historiquement bien compréhensible, de Moscou, a choisi la solution nationaliste.

Notre attachement filiale à l’Eglise de Géorgie ne doit pas nous égarer, au contraire, en conservant fermement et en toute conscience notre position nous pouvons peut être apporter quelque chose à notre pays d’origine.

C’est donc dans cette situation que j’ai affronté 22 ans de sacerdoce. J’ai presque enterrés tous ceux qui avaient répété le chant « axios » (il est digne) le jour de mon ordination.

Nous avons été rejoints par les nombreux étudiants et exilés économiques qui forment aujourd’hui ce qu’on désigne par l’expression « la diaspora géorgienne ».

Nous avons été ,bien sûr, durement frappé au cœur par l’ouverture d’une paroisse du patriarcat de Géorgie à Villeneuve St Georges, en contradiction complète avec les principes canoniques traditionnelles que nous défendons et malgré une certaine affection qui me lie (de loin) au Père Anton, je ne peux oublier cette image d’un prêtre géorgien venant expliquer ici aux jeunes étudiants que nous n’étions pas une église vraiment géorgienne, semant le trouble dans leur esprit et tel, le renard dans le poulailler les entrainant à sa suite.

A titre personnel, j’ai vécu cela comme un second divorce.

Et j’ai attendu avec fatalité que notre paroisse décline et finisse par disparaitre.

Ce qu’apparemment Dieu ne veux pas, puisque nous avons survécu et que nous continuons à célébrer les vigiles le samedi avec une dizaine de fidèles et la liturgie le dimanche avec une cinquantaine de personnes. Il y a un noyau de fidèles « obstinés » et beaucoup de visages nouveaux.

Nous avons ouvert depuis 2 ans avec l’aide de M.Vakhtang Davrichachvili un site internet (www.saintenino.org) et une page Facebook  (facebook.com/saintenino).

Les baptêmes et même les mariages ont légèrement augmentés et j’ai eu la surprise d’être contacté par un couple de jeunes géorgiens de Tbilissi qui ont désirés se marier dans notre paroisse.

Donc, en conclusion, je suis obligé d’être optimiste et après ce court et certainement incomplet examen de nos activités ces dernières années, je dois avouer qu’il me reste la certitude que Dieu nous aime et nous soutiens.

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